L'ancien ministre socialiste Jack Lang a déclaré dimanche qu'il avait eu "honte" pour son pays en apprenant les conditions de l'interpellation du journaliste de Libération Vittorio de Filippis, ajoutant qu'il a écrit à ce sujet à la ministre de la Justice Rachida Dati.
"LA FRANCE EST-ELLE ENCORE UN ÉTAT DE DROIT ?
Bonne nouvelle, la parité existe !
Menottage au "féminin"
Menottage au "masculin"
Non seulement il est gravement porté atteinte à la liberté d'expression mais surtout à la dignité des personnes. M. Filippis a été humilié devant ses enfants et ensuite maltraité par les forces de répression dans des conditions d'arbitraire absolu", affirme M. Lang dans sa lettre, dont il a remis une copie à l'AFP.
"Depuis trop longtemps notre pays se déshonore par des actes juridictionnels policiers contraires à la Constitution et aux conventions internationales. Malheureusement, les gouvernements de gauche n'ont pas toujours su en finir avec la violence des arrestations sans titre et les gardes à vue brutales et humiliantes", ajoute-t-il.
"Au-delà du cas de Vittorio de Filippis, c'est l'ensemble des citoyens de ce pays qui se trouve fréquemment en lutte avec de telles aberrations administratives. J'ai honte pour notre pays. Ces situations sont révoltantes et répugnantes", dit-il encore.
L'ex-directeur de la publication de Libération, contre lequel a été délivré un mandat d'amener dans une banale affaire de diffamation, a raconté comment il a été interpellé au petit matin devant sa famille, insulté, menotté, avant de subir deux fouilles au corps.
Info Le Monde AFP http://www.lemonde.fr 30.11.08 | 15h50